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"Les Adieux à la Reine", de Benoît Jacquot


"Les Adieux à la Reine", de Benoît Jacquot

14 juillet 1789, à Versailles. La nouvelle de la prise de la Bastille ne parviendra au château que le lendemain, mais la réalité d’une monarchie française sur le point de s’effondrer se fait déjà sentir dans le dédale des couloirs insalubres et les chambres des servantes, sous les combles. L’une d’elles, Sidonie Laborde (Léa Seydoux), lectrice de la reine Marie-Antoinette (Diane Kruger), totalement dévouée à sa souveraine, va l’accompagner dans ces jours difficiles de juillet.

Qu’est ce qui intéresse Benoît Jacquot dans le naufrage de l’ancien régime français en 1789, vu du château de Versailles ? Pas tant la reconstitution historique (même si le cinéaste est plus rigoureux qu’à son habitude) que l’envie de faire ressentir l’Histoire du point de vue d’une femme : Sidonie Laborde. Un personnage fictif au destin minuscule de servante, qui est le témoin d’un autre destin, historique et bien réel : celui de la reine Marie-Antoinette. L’Autrichienne est solitaire, triste et capricieuse, entre désarroi et lucidité.

Benoît Jacquot peut donc jouer sur ce qui réussit le mieux à ses films : des rapports de pouvoir et de préférence, qui sont fascinants et déplaisants, sensuels et éphémères. Ces rapports majoritairement féminins ne doivent pas faire oublier la performance masculine de Xavier Beauvois, dans le rôle d’un Louis XVI bien sûr tragique. Le roi consulte chaque jour son baromètre, mais n’a pas senti venir l’orage révolutionnaire. Il en souffre et s’interroge : la révolte du peuple est-elle moins douloureuse que la fuite paniquée de ses courtisans et de ses favoris, le plus loin possible de Versailles ?


Date de première diffusion : Ven., 10 févr. 2012, 14h34

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