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Le cinéma hongrois de Béla Tarr (5)


Le cinéma hongrois de Béla Tarr (5)

Episode 5 : trajectoires

Béla Tarr, réalisateur hongrois est à l'honneur à Beaubourg en ce moment, il fait aussi l'objet d'un ouvrage de Jacques Rancière, et son film, "le Cheval de Turin", sort mercredi 30 novembre 2011, en France.

Pour apporter notre petite contribution à cet automne Béla Tarr, toute cette semaine, nous allons tenter de vous donner quelques clés pour découvrir ou re-découvrir son cinéma à travers différents thèmes. L'un d'eux est le "foyer familial". Son 1er film s'intitule d'ailleurs "le Nid Familial" sorti en 1977. Un film social sur fond de crise du logement en Hongrie.

Il faut croire – c’est à craindre – Béla Tarr lorsqu’il affirme que Le Cheval de Turin est son ultime film, tant le processus d’évidemment, d’épuisement des formes et des thématiques ici à l’œuvre, ne laisse guère entrevoir d’issue contraire. Mais si Béla Tarr en a fini avec le cinéma (on a, selon lui, plus de chances à l’avenir de le rencontrer au volant d’un taxi berlinois que sur un tournage), le cinéma n’en a pas fini avec lui, loin de là. En atteste, conjointement à la sortie française du Cheval de Turin, la rétrospective intégrale que le Centre Pompidou consacre au cinéaste hongrois du 3 décembre 2011 au 2 janvier 2012, qui permet de suivre le continuum (plus que le déroulement) d’une œuvre aujourd’hui bouclée. Car s’il est une chose qui irrite Béla Tarr, c’est bien cette propension que nous avons, pour la plupart d’entre nous, à vouloir scinder son cinéma en différentes périodes, à considérer que celui-ci prend un tour nouveau à partir de Damnation, en 1987. Pour lui, les préoccupations sociales qui irriguent le bouillonnant Nid familial (1977) n’ont guère déserté ses derniers films, elles ont juste pris une dimension plus cosmique, ou ontologique.

Pas question, donc, d’opposer le naturalisme et la colère des premiers films à l’amplitude monstrueuse des 7h40 de Satantango, ou de jouer la dévastation d’apocalypse des Harmonies Werckmeister contre l’hyper formalisme en vase clos d’Almanach d’automne. Mais plutôt, en compagnie du philosophe Jacques Rancière, qui publie ces jours-ci chez Capricci Béla Tarr, le temps d’après, d’esquisser 5 motifs : Foyers / dehors – dedans / couleurs / pluie / trajectoires.


Date de première diffusion : Mer., 2 févr. 2011, 19h00

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